Le miroir aux alouettes en intelligence artificielle

La décision de fonctionner dans sa langue maternelle ou dans une langue « nationale » (en élaborant des terminologies) ou de se résigner à emprunter la langue outil avec la matière à travailler est politique, car toute langue est capable de tout nommer : l’impression trop fréquente que certaines sémantiques ne peuvent répondre au besoin notionnel relève de l’idéologie (Rey 1979 : 66-67).

Introduction

Le présent exposé prend sa source dans deux séminaires de 2e et 3e cycles consacrés à la néologie et tenus respectivement à l’Université Laval et à l’Université du Québec à Chicoutimi de janvier à avril 1986 sur le thème de l’emprunt dans le domaine de l’intelligence artificielle[1]. Seize étudiants ont participé aux rencontres (12 à Québec et 4 à Chicoutimi). Ils devaient réaliser une recherche appliquée qui consistait à extraire d’une documentation récente les termes d’emprunt appartenant au secteur de l’IA. Chaque étudiant avait à traiter dix notions, une notion pouvant donner lieu à plus d’un emprunt, ce qui occasionnait des cas de synonymie (ex. bottom up method et bottom up system). L’exercice s’appuyait sur les principes et méthodes mis au point au Québec pour le traitement des néologismes (voir Boulanger 1979). Outre le traitement terminologique habituel, les participants avaient comme mission d’établir le statut lexicographique, terminographique et informaticographique des unités terminologiques recensées. De plus, ils avaient l’obligation de se prononcer sur le statut normatif des emprunts, c’est-à-dire que pour chaque terme étranger retenu, il fallait décider de son intégration en français ou de son remplacement par une forme lexicale de facture « bien française ». Ce dernier exercice plaçait les étudiants en situation réelle d’interventionnisme linguistique puisque la décision de retenir ou de rejeter l’emprunt leur revenait et qu’elle devait être justifiée.

Le groupe étant composé de linguistes, de terminologues et de traducteurs, les attitudes devant l’emprunt ont varié en fonction des critères de formation de chacun ainsi que de leur conception réciproque de la norme lexicale en français. Au surplus, l’expérience se déroulant au Québec où les comportements devant l’emprunt diffèrent profondément de ceux que l’on observe en France, il fallait s’attendre à des prises de position favorables à la francisation intégrale des termes allogènes, du moins en apparence. En fait, les Québécois souscrivent à l’hypothèse qui soutient que certaines communautés « rebelles à l’emprunt pur et simple pratiquent plus volontiers le calque qui transpose dans leur système de formation un dérivé ou composé d’une autre langue » (Bonnard 1972 : 1 580).

Au total, 101 termes anglais ont été recueillis, y compris quelques variantes morphologiques ou orthographiques. Ils représentent environ 80 notions différentes. Ils ont donné lieu à une cueillette de 212 termes « français » répartis comme suit :

Parmi les 124 calques, 19 conservent des traces visibles d’un élément étranger que ce soit un emprunt déjà intégré (compteur de bits), un calque morphologique (vecteur de mappage, résolveur de problème), un nouvel emprunt (programme bootstrap), ou encore une forme fautive (signal digitalisé).

L’hypothèse de départ cherchait à vérifier si l’intrusion des techniques et technologies américaines récentes dans la vie des francophones avait pour effet immédiat d’accroître le nombre de vocables empruntés en même temps que les réalias qu’ils désignent. De vérifier également si le calque pouvait constituer une caractéristique des terminologies nouvelles dans une langue, surtout lors de la phase d’installation.

D’où la mise en évidence de trois problèmes linguistiques majeurs, parmi d’autres :

  1. L’impossibilité ou la quasi-impossibilité d’harmoniser les terminologies au plan international, c’est-à-dire de les normaliser.
  2. La mise en relief du facteur de la synonymie avec les avantages et les inconvénients qui en découlent, comme par exemple les flottements terminologiques presque permanents.
  3. La perturbation des systèmes linguistiques, tout spécialement les zones lexicales, morphosémantiques et morphosyntaxiques des langues non productrices de la technologie nouvelle. Le plus souvent ces langues empruntent massivement à des systèmes allogènes d’où émane la terminologie. En conséquence, elles ne sont pas immunisées convenablement contre l’invasion. Quand elles n’empruntent pas, elles calquent, émaillant le langage de fleurs exotiques souvent empoisonnées.

Toutes les innovations nécessitent l’élaboration et la mise en service constantes de terminologies scientifiques et techniques nouvelles en vue d’assurer l’efficacité de la communication ainsi que la diffusion des produits et des informations. La floraison lexicale concourt à l’inflation souvent excessive des dictionnaires chargés d’en rendre compte, en particulier les dictionnaires terminologiques et les banques de terminologie. Les termes voyagent non seulement dans leur langue d’origine mais ils émigrent dans d’autres langues suivant des modalités variables. Tantôt ils y arrivent intacts, tantôt ils s’y faufilent sous la forme d’une construction savamment maquillée ou encore légèrement vêtus d’attributs naturels. « La découverte des réalités d’un pays étranger passe presque toujours par la langue étrangère correspondante, car dans un premier temps on ne peut en parler qu’en les appelant par leur nom » (Rey-Debove/Gagnon 1980 : XI). Le xénoterme précède souvent le calque ou le néologisme originaire, la nécessité de dénommer pressant davantage que la mise au point d’un vocable conforme aux critères de la langue. Des mots allogènes se sont vu ensuite supplantés par des nouveautés internes (ex. logiciel), d’autres ont résisté sous la forme étrangère (ex. wetware) ou calquée (ex. signal numérique), tandis que d’autres enfin vivent en concubinage avec un ou des synonymes internes (ex. matching score / évaluation de confirmation; pattern matching / filtrage / appariement).

Tout comme l’emprunt, le calque est simultanément un procédé et le résultat de l’opération. Il répond donc à des besoins de dénomination tout en s’inscrivant comme un mode organique de formation d’une langue à des gènes qui se combinent, on peut penser que le calque s’apparente à une manipulation génétique, qu’il est le fruit d’une espèce de mutation morphosyntaxique artificielle dans une langue. (Ce qui vient d’être dit vaut uniquement pour le calque formel, car le calque sémantique n’entre pas dans nos préoccupations pour le moment.)

Le calque procédé sera défini comme étant la substitution d’un signifiant de texture étrangère par un signifiant ancien ou nouveau de texture nationale pour désigner soit un signifié totalement étranger, soit un signifié déjà opérationnel en français, soit un signifié lui-même nouveau en français.

Quant au calque-produit, c’est l’unité lexicale issue de la substitution.

Le calque se situe juste à l’intersection des moyens externes (emprunt) et des moyens internes (dérivation, composition, etc.) de renouvellement du stock lexical d’une langue. On le considère comme un xénomorphème (simple ou complexe) transposé d’une langue dans une autre, façonné dans la matrice morphosyntaxique de la langue d’accueil et accompagné ou non de bon sens dans la langue source.

Manifestement, le calque provient du contact entre deux langues et, dans la première phase de son installation, il doit beaucoup au bilinguisme actif ou passif du calqueur. Si l’action de calquer exige une certaine forme de bilinguisme, la réutilisation du calque intégré n’y est pas obligatoirement rattachée. Il y a donc calque lorsqu’un xénomorphème est cloné dans un système linguistique différent, manipulé par des locuteurs qui ne sont jamais ou rarement en situation de communication bilingue. Au fur et à mesure que la motivation d’emprunt ou de calque s’estompe, les interférences ne sont plus perçues (ex. est-allemand, nord-américain; base de faits, moteur d’inférence); d’autant que les nouveaux termes viennent s’insérer dans des suites paradigmatiques qui sont d’allure bien française. Le calque s’apparente à une démarche interprétative. Reflétée à travers un miroir langagier, la forme étrangère reste aux portes du français, son ombre seule franchissant le seuil. Tout comme le reflet d’un objet dans un miroir n’est pas cet objet, le calque est un emprunt sans être l’emprunt. Pour les traducteurs et les terminologues, c’est un vrai miroir aux alouettes lexicales.

Dans la pratique, le calque s’avère difficile à épingler. Seule une double recherche terminologique, une dans chaque langue, permet de rassembler suffisamment d’indices pour en retracer l’origine. C’est le recoupement des informations terminologiques ou la fusion des nomenclatures qui accrédite la filiation entre le terme de départ et le terme d’arrivée. Il arrive souvent que le terminologue n’ait qu’une suspicion du calque s’il ne repère pas la matrice allogène (ex. démon, coquille, scénario, fenêtre forment en apparence des néologismes sémantiques ou des homonymes en français alors qu’ils proviennent respectivement des termes anglais demon, shell, script et window).

La xénoterminologie

La matrice allogène du calque est un moule souple qui permet une réfection autochtone du produit fini à partir des règles propres de la langue cible, que ce soit du point de vue phonétique, sémantique, morphologique ou syntaxique. (Seuls les deux derniers volets ont retenu l’attention pour l’analyse.)

L’étude du corpus confirme que les normes pour calquer ont été respectées.

Sur un total de 212 termes « français », le corpus inclut 124 calques complets ou partiels. De ce nombre, 17 proviennent de propositions de remplacement faites par les étudiants; les autres unités furent récoltées dans la documentation dépouillée ou dans les réservoirs terminographiques existants. Les suggestions étudiantes ressortent d’une opération d’aménagement linguistique, tandis que les 107 termes restants sont des calques spontanés nés dans les milieux spécialisés. Le calque volontaire dérive d’une réflexion linguistique menée sur l’emprunt par le calqueur qui connaît et maîtrise l’arsenal de règles morphosyntaxiques de la langue d’arrivée. Il utilise ces règles dans le cadre d’une opération d’aménagement terminologique dont l’objectif est la francisation.

Certains calques n’ont pas été admis par les aménageurs étudiants. Ceux-ci ont alors mis d’autres ressources néologiques naturelles à contribution pour proposer des unités lexicales, notamment la dérivation syntagmatique interne. De fait, 19 innovations nationales ont été proposées. Elles renvoient à 14 notions. Dans cet ensemble, 12 suggèrent le remplacement de calques seuls, 3 d’emprunts directs seuls et 4 de dénominations multiples (calques et emprunts).

D’un tout autre point de vue, l’interventionnisme linguistique contribue parfois à entretenir un flottement terminologique synonymique. Ainsi, la notion « knowledge engineer » est rendue par 7 dénominations françaises différentes : 2 calques complets repérés dans la documentation (ingénieur de la connaissance et ingénieur du savoir), 2 propositions de calques partiels (ingénieur cogniticien et informaticien de la connaissance), 3 formes d’origine interne, dont 2 équivalents proposés (informaticien cognitif et cogniticien), l’autre unité provenant d’une banque de terminologie (technicien d’un secteur de matière grise). Quant aux notions « expert system » et « inference engine », elles donnent respectivement lieu à 8 et à 12 appellations françaises, de quoi encourager les fervents de la synonymie.

Le miroir

Depuis Nicole Oresme au XIVe siècle jusqu’aux voyageurs en Concorde au XXe siècle, chaque époque a vu la pénétration profonde d’emprunts en français; parmi ceux-ci, un nombre considérable de calques appelés aussi translation (voir Dubois 1963 : 10), se sont installés. « Sous sa forme spontanée, l’emprunt n’est pas l’aventure fortuite qui déstabilise, mais une des conditions mêmes de la vie des langues, du fait qu’elles sont parlées par des sociétés humaines, nécessairement en contact dans l’espace et dans le temps » (Hagège 1983 : 61). On ne peut donc songer à chasser systématiquement tous les mots étrangers afin de leur substituer des unités lexicales autochtones. Cela relèverait du plus pur donquichottisme ou encore d’une nouvelle croisade linguistique.

D’autant plus qu’il n’est pas interdit de se poser la question de savoir si les calques et les emprunts en général sont de véritables transpositions ou si parfois le locuteur n’a pas affaire à des parallélismes de construction, c’est-à-dire à des développements indépendants et souvent simultanés dans les langues en présence. Il est très fréquent que de tels développements reposent sur des virtualités morphosyntaxiques communes à deux ou plusieurs langues, moyennant parfois quelques ajustements mineurs. « Plus les similitudes entre les deux systèmes linguistiques sont nombreuses et profondes —le cas des langues apparentées généalogiquement— plus grandes seront les difficultés pour reconnaître ce qui est un emprunt [ou un calque] et ce qui ne l’est pas » (Goldis 1976 : 100). Par exemple, le français et l’anglais, sans être généalogiquement parents, disposent néanmoins d’un héritage commun dont les traces remontent au Moyen Âge. Sans oublier non plus que dans les sphères scientifiques et techniques, le recours à la formation gréco-latine est usuel. Ainsi, comment détecter que critérialité, déclaratif, procédural et heuristique doivent leur existence aux formes anglaises criteriality, déclarative, procédural et heuristic si on ne remonte pas à la source d’inspiration. Même là, les fondements étymologiques communs laissent l’interprète perplexe.

Si l’on introduit dans le débat le critère du prestige des langues, on s’aperçoit rapidement que c’est la différence d’attrait entre deux langues (la prêteuse et l’emprunteuse) qui explique l’aspect dynamique du phénomène du calque. Celui-ci met en cause des systèmes linguistiques à travers le prestige culturel de chacun et à travers leur poids réciproque dans l’univers contemporain. S’il n’y a pas d’intervention rigoureuse, les cultures et les technologies dominées sont condamnées à l’emprunt linguistique, avec ou sans certificat de citoyenneté ou de naturalisation pour les nouveaux venus. Il est clair que « la valeur attribuée au mot emprunté est une question sociale et nationale; selon que l’idiome et le peuple auxquels on fait des emprunts sont regardés comme inférieurs ou supérieurs, ces emprunts descendent ou montent en dignité » (Nyrop 1913 : 142). Le calque est le reflet définitif et insidieux des influences qu’ont un peuple et une culture sur d’autres. Il s’inscrit dans une lutte de pouvoir. En tant que ressource linguistique innovatrice, il est « le lieu où doivent définir leurs rapports la langue et la culture, une langue de départ et une langue d’arrivée, le mot et le concept, pour savoir à quelle théorie du langage on se réfère » (Meschonnic 1976 : 65).

Le calque sédimente un simulacre de vérité dans la langue d’arrivée. C’est une espèce de bébé-éprouvette : une fertilisation terminologique artificielle. Qu’on ait donc affaire à l’emprunt direct ou à la translation, il reste toujours quelque chose de la langue de départ dans la langue cible, un sentiment d’extranéité.

De par sa motivation psychologique, le calque peut parfois se confondre avec un moyen de défense nationaliste. Comme la référence étymologique allogène se perd pour être remplacée par une fausse référence interne, il crée une impression de fausse sécurité linguistique. Le calqueur s’imagine rejeter ce qui lui est étranger linguistiquement en faisant appel à des éléments morphosyntaxiques internes. Dans le cas des entorses, la nouvelle règle s’additionne au réseau indigène déjà disponible (ex. dã → dé dans la structure : point cardinal + adjectif ou nom ethnique). Le calque parfait est donc un xénoterme qui, pour se conformer à la langue preneuse, adopte une physionomie propre à celle-ci. Les nouvelles formations acquérant une collaboration française par mimétisme, elles se confondent avec celles que l’usager est habitué de manipuler. En fait, il est plus facile de s’adapter au calque, donc de l’avaliser comme ressource créatrice, que de recourir à l’emprunt brut. Le calque s’enfouit alors dans la mémoire collective séculaire des francophones car il correspond à des habitudes langagières communautaires. Tandis que l’emprunt complet ou partiel conserve son apparence parasitaire.

Le calque entraîne une modification de la perception par rapport au réfèrent ou encore une reconsidération de la valeur connotative du signe. L’enveloppe formelle devenue française charme le référent qui peut être lui aussi perçu comme français d’origine. Le facteur psychologique joue un rôle important dans la perception non seulement du signe mais également de l’univers. Une collection de signes étrangers passe dans une autre langue sous une forme déguisée, traînant dans son sillage une collection de notions qui peuvent ou bien enrichir des connaissances culturelles, scientifiques et technologiques ou, au contraire, les perturber.

Il n’en reste pas moins que le calque découle d’une décision interne, que ce ne sont pas les étrangers qui calquent mais bien les francophones eux-mêmes lorsque c’est la langue française qui est en cause. Avant de porter des accusations d’invasion à gauche et à droite, avant de jeter l’anathème, peut-être faudrait-il se regarder dans un miroir afin de se percevoir tel que l’on est.

Bibliographie

Note

[1] Le texte intégral de la communication a été publié dans une autre revue de linguistique. Une bibliographie plus étendue ainsi que les tableaux dans lesquels les termes sont classés par catégorie l’accompagnent.

A evolución do concepto de neoloxía: da lingüística ás industrias da lingua[1]

“(...) o desexo de aumenta-la linguaxe da nación” (Ronsard, Prefacio sobre a Franciade, 1587).
“E sen embargo, ¡cantos foron os ‘atentados’ perpetrados polos homes contra os idiomas máis diversos nestes últimos decenios antes do século XXI!” (Claude Hagège, Voies et destins de l’action humaine sur les langues, 1983 : 11)

1. O propósito

A ollos de todos, a creatividade léxica ou neoloxía é o proceso de formación de elementos novos no léxico dunha lingua. Este proceso sitúase no primeiro rango das preocupacións cotiás dos lingüistas que traballan nun contexto de planificación lingüística. A miúdo, o entorno no que traballan esíxelles un grande esforzo de ordenación de nocións moi modemas para as que aínda non existen denominacións endóxenas axeitadas; polo tanto cómpre crear esas denominacións. As novas necesidades lingüísticas teñen a súa orixe na intención de transitar dunha lingua a outra, por

exemplo do inglés ó francés, ou na necesidade de elaborar terminoloxías totalmente novas cando nunha sociedade se producen desafíos e revolucións tecnolóxicas e científicas de grande envergadura. Nestes casos, a presión do movemento neolóxico é tal que ninguén pode nega-las modificacións que se producen no uso. Neste sentido, a neoloxía é indiscutiblemente algo máis ca un mal evitable, especialmente nos tecnolectos. Estes últimos constitúen “un conxunto de designacións específícas dun certo campo da actividade humana : ciencia ou unha das súas aplicacións (por exemplo : bioloxía e medicina, química e farmacopea, etc.)” (Hagège 1983 : 33); estas zonas especializadas e parcialmente unifícadas do léxico dunha lingua sempre son susceptibles dun constante enriquecemento e renovación.

É ben sabido que ningunha disciplina nova pode crear unha terminoloxía exhaustiva, como tampouco puideron facelo os campos de actividade humana máis antigos, sen que antes ou despois teña que enfrontarse ás esixencias neolóxicas para as que hai que buscar solucións axeitadas. A principal fínalidade da neoloxía é establecer ou mellorar unha comunicación socioprofesional sinxela e exenta de ruídos entre os usuarios para facilita-la aprendizaxe, o descubrimento e maila difusión dos coñecementos e os productos.

De acordo cunha lóxica intema, toda lingua evoluciona e adáptase ó novo ritmo de vida dunha sociedade. Hai palabras que se desgastan, esquecen ou morren mentres que outras nacen e entran no ciclo da usanza e da decadencia. As linguas son un dos recursos dispoñibles utilizados polas sociedades para garanti-las súas metamorfoses e pódense orientar cara ós intereses de cada comunidade. Entre as forzas vivas que sustentan a dinámica dunha lingua coma o francés contemporáneo, a creatividade léxica representa un fenómeno dun vigor extraordinario, tanto dende o punto de vista cuantitativo coma polo que respecta á súa dimensión cualitativa, tan descoidada a miúdo. A neoloxía é “un dos factores que vai influír no futuro da lingua e, por este motivo, aféctanos a todos, tanto ós usuarios (comúns) coma ós especialistas” (Quemada 1971 : 137).

2. O fío conductor

Non se pode falar da neoloxía actual sen retroceder ó pasado para atoparmos nel algúns indicios reveladores. Aínda que o termo neoloxía comezou a circular a metade do século XVIII, o fenómeno sempre creou problemas, manifestándose, baixo máscaras diversas, tanto en discusións aprobadoras moi fervorosas coma en protestas moi virulentas e en condenacións moi fírmes. Segundo o Grand Robert (1985), o termo neoloxía apareceu en 1759 co sentido, agora en desuso, de “introducción, emprego de palabras novas que unha lingua necesita para enriquecerse”. A aceptación antiga opúñase ó semantismo, de valor pexorativo, que se lle atribuía á palabra neoloxismo, que naquela época denotaba unha “utilización de elementos

novos na maneira de expresarse (...)” (Grand Robert). Así pois, o neólogo era a per-soa que practicaba a neoloxía ou o neoloxismo (véxase a entrada neólogo no Grand Robert). Deste xeito, unha mesma denominación servía para designar dúas ocupacións, dúas teses moi diferentes, case antinómicas, pero que tiñan os seus respectivos partidarios (véxase non obstante Mercier 1801 : VII, que distingue entre neólogo, que practica a neoloxía, e o neoloxista, que practica o neoloxismo). Esta percepción dicotómica parece corresponderse mellor coa realidade da época. Non hai que esquecer que os que mantiñan estas discusións eran os literatos, non os lingüistas (no sentido que hoxe en día ten este termo).

A actividade dos neólogos realízase dende hai moito tempo, moito antes de que se constatase a existencia da palabra neoloxía e dos seus derivados. Ó longo dos séculos, sempre houbo especialistas que se preocuparon polas dificultades, a renovación e a evolución da súa lingua.

Despois da Idade Media, momento no que se estableceron os principais mecanismos de formación das palabras en francés, o Renacemento segue sendo un dos grandes períodos favorables para a incubación da lingua francesa. Nesta época, os poetas, os escritores, os científicos e os personaxes máis importantes da nosa historia, subleváronse para defende-la súa lingua (véxase Huchon 1988). Fomentaron a creación de palabras para contribuír á emancipación do francés, ateigado de latinismos dende a época anterior e ateigado de italianismos maioritariamente procedentes do país veciño, que vivía dentro do seu territorio a explosión das artes, as letras, a economía, a cultura, etc. Tamén loitaron por eliminar da súa lingua a ameazante xerga eclesiástica, escolástica e xurídica que o usuario común xa non era capaz de descodificar. No século XVI xorde o interese polo francés literario e científico e “non se dubida en enriquece-la linguaxe con palabras novas” (Walter 1988 : 95), procedentes do fondo antigo, do fondo culto grecolatino, do fondo dialectal ou das linguas estranxeiras (alemán, neerlandés, español e sobre todo italiano) ou simplemente creadas a partir de mecanismos intemos do francés, que por esta época xa estaban todos operativos.

Cara a finais do século XVI, Malherbe (1555-1628), entre outros, comeza a reivindica-lo gusto polo clásico. A interdicción política de inventar formas inéditas, imaxinar derivados das unidades existentes, ou o que é o mesmo, de neoloxizar, culmina e cristalízase no século XVII seguindo os pasos de Malherbe. Este último prohibe, en nome da pureza e da claridade, as fantasías creadoras e as locucións pouco usadas. Refuxiado detrás do estandarte da pureza, condena “os neoloxismos de formación francesa, os novos compostos, os derivados e as transposicións, sen considera-la súa necesidade” (Wolf 1983 : 107). Malherbe tamén considera que hai que excluí-lo uso exemplar dos termos científicos e técnicos así como as palabras populacheiras e vulgares. Despois de 1630, case tódolos escritores se unen á doutrina do poeta, doutrina que hoxe en día xa non ten moi boa prensa. En efecto, “todos admitiron a xusteza estratéxica dos puntos de vista do poeta : para ‘defender e ilustrar’ eficazmente a lingua vulgar, había que preocuparse menos de inventar, como facían os membros da Pléiade, e procurar estabiliza-la elocución da lingua, sometén-

doa a convencións admitidas por todos” (Fumaroli 1986 : 333). A ascese propiamente literaria que implicaba o método de Malherbe “apartaba os homes de letras deste entusiasmo inventivo e desasosegado frecuentemente asociado coa herexía ou co inconformismo político” (Fumaroli 1986 : 333-334). A concepción malherbiana ilustra perfectamente cómo a noción de “pureza” remite implicitamente a unha restricción sociolingüística perpetuada polos árbitros da lingua que se sucederon dende Vaugelas ata certos gramáticos retrógrados de hoxe en día. Baixo o reinado do Rei Sol o francés empeza a esclerosarse e a fixarse tanto social coma literariamente, o que levou a Boileau a pronuncia-la súa famosa frase “Por último chegou Malherbe (...) e reduciu a Musa ás regras do deber” (Arte poética).

A dictadura purista instáurase cos antirreformistas e continúa ó longo de todo o período clásico e a principios do século XVIII, a pesar dalgúns intermedios refrescantes e de certos creadores coa mentalidade máis aberta, principalmente Fenelón. Así pois, “despois dun século de abundancia durante o cal a lingua francesa recibe con profusión todo aquilo que podía enriquecela, o século XVII vai pretender refrear esta ondada de innovacións, formulando regras, fixando a ortografía e querendo normaliza-la pronuncia” (Walter 1988 : 100). En 1635, o Cardeal de Richelieu funda a Academia Francesa, da que os corenta membros elixidos “teñen como misión observa-la lingua co obxectivo de elaborar unha gramática e sobre todo un diccionario” (Walter 1988 : 100).

A renovación lingüística reaparece durante o paso da monarquía ó réxime republicano de 1789. Pouco a pouco, vólvese a tolera-la innovación léxica, para logo ser alentada e fmalmente imposta pola ideoloxía dominante dos revolucionarios. Este brío débese á instauración dunha sociedade modelada por regras políticas que aumentan aínda máis as carencias de vocabulario xa acumuladas e que deben ser paliadas urxentemente. Os benefícios resultantes dun léxico orixinal xustifícan o desleixamento dunha norma lingüística demasiado estricta. Cada vez máis centralizado, o francés ten que satisface-los imperativos políticos, sociais, culturais e económicos apoiando a creación e acollendo un fluxo considerable de palabras neonatas (véxase Boulanger 1984b : 5-7). “Contrariamente ó século XVII que, coas súas ansias de depura-la lingua, reprimira todo tipo de vontade inventiva, o século XVIII preséntase como a época na que a ampliación do léxico se levou a cabo con maior liberdade. Co florecemento das novas técnicas, a pululación das ideas fílosóficas e a transformación das estructuras sociais, xurdiu a necesidade urxente de denomina-los novos obxectos e os novos conceptos” (Walter 1988 : 113). Durante o século que viu nacer unha obra tan importante como é a Enciclopedia, ningún sector de actividade (agricultura, política, industria, finanzas, ciencias, artes, etc.) se libra da introducción de novidades léxicas na lingua nin da multiplicación do vocabulario.

Durante os séculos seguintes, o péndulo neolóxico oscila da aprobación sen discusión ó rexeitamento incondicional das formas innovadoras. A partir da fin do Século das Luces, fóronse sucedendo polémicas e disputas incesantes e moi animadas que “encararon os partidarios cos detractores da neoloxía” (Hagège 1987 : 19), dándolle-la victoria unhas veces ós uns e outras veces ós outros.

3. Algúns precursores da terminoloxización de Europa

Por moito que remontemos no tempo, sempre atoparemos investigadores, científicos, técnicos, eruditos, escritores e humanistas que participaron no crebacabezas terminolóxico do seu século. Estas persoas necesitaban facer uso da liberdade de remexer na lingua co obxectivo de crear palabras e termos para reflecti-lo seu pensamento, relata-las súas experiencias, comparti-las súas investigacións, difundi-los seus escritos e mailos seus descubrimentos despois de atribuírlles unha denominación e para intercambiar un saber inmenso con socios nacionais e internacionais. Dende a Idade Media ata hoxe en día, máis dunha lingua viuse asaltada por novidades tumultuosas á procura de nome. Moitas unidades léxicas neolóxicas foron creadas e validadas por ilustres pensadores universais do pasado. Estas unidades pertencían ós campos de interese destes últimos e estaban destinadas a asociarse ós conceptos das súas disciplinas.

Cada século e cada país tivo os seus precursores. Entre a infinidade de exemplos existentes, cómpre mencionar algúns nomes salientables de persoas que viviron antes do século XIX e que formaron un verdadeiro florilexio de neólogos e de planificadores adiantados ó seu tempo. No século XIII, o preboste de París, Etienne Boileau (falecido en 1270) publica o seu Livre des métiers, unha especie de repertorio das corporacións, no que se definen ou explican unha miríade de denominacións de oficios e no que se recollen varias formas femininas (ex. ouvriere, mestresse, aprentisse, fileresse, crespiniere, patenostriere). Polo que respecta ó século XIV, cómpre salienta-la figura de Nicolás de Oresme (1325-1382), bispo de Lisieux e autor de repertorios astronómicos e científicos como La compilation de la science des étoiles e Le livre du ciel et du monde (traducción da obra de Aristóteles). Foi un dos primeiros eruditos que adaptou a lingua francesa ó estilo filosófico e ó das novas técnicas e ciencias.

O século XV non se pode abordar sen falar de Leonardo da Vinci (1452-1519), artista, enxeñeiro e humanista florentino lendario, que aínda nos segue sorprendendo co seu enxeño. O seu compatriota e concidadán León Bautista Alberti, humanista, pintor e arquitecto, é coñecido coma un dos grandes teóricos das artes do Renacemento. En Alemaña, cara a finais do século, o pintor e gravador Dürer (1471-1538) apaixónase pola xeometría, especialmente pola perspectiva e as proporcións nas teorías da arte. Nado a finais do século XV, Rabelais (1483(?)-1558) é o representante da literatura renacentista; a súa extraordinaria invención verbal e os seus coñecementos lingüísticos e enciclopédicos (de feito, a palabra encyclopédie creouna el en 1532) convérteno sen lugar a dúbidas no maior creador de neoloxismos da época e posiblemente de tódolos tempos. Ademais de utilizar como ben lle parece tódalas modalidades posibles para formar palabras en francés, “non ten reparo en recorrer ó hebreo, ó grego, ó latín (...) ás linguas estranxeiras, ó argot e ós dialectos locais” (Walter 1988 : 95). Pola súa parte, o flamengo André Vésale (Vesalius, 1514-1564) interésase polas terminoloxías relativas á anatomía e á disección.

O Renacemento tamén é un século de traducción. En Francia, unha das grandes figuras históricas da disciplina é certamente Jacques Amyot (1513-1593). Este último enriqueceu considerablemente a lingua francesa gracias ás súas calidades estilísticas e ás súas propostas terminolóxicas. Así mesmo, introduciu ou contribuíu a espallar nesta lingua unha multitude de palabras e de termos novos como misanthrope, atome, enthousiasme, démocratie, pédagogue, hiéroglyphe. A terminoloxía musical francesa tamén lle debe gran parte do seu vocabulario.

Galileo (1564-1642) xa se considera máis ben do século seguinte. Este físico e astrónomo italiano foi famoso tanto polos seus importantes descubrimentos coma polo seu renego perante a Inquisición. Leibniz (1646-1716), filósofo e matemático alemán, tamén pertence ó século XVII.

A expansión xeométrica das necesidades terminolóxicas fai que o Século das Luces vexa nacer e traballar eruditos moi importantes nunha gran variedade de campos. En ciencias naturais, Buffon (1707-1788) vólvese famoso e o seu brillante estilo permítelle entrar na Academia Francesa, mentres que Linné (1707-1778), naturalista e zoólogo sueco, concibe a nomenclatura binominal aplicada ós reinos vexetal e animal. En química non faltan investigadores : Guyton de Morveau (1737-1816) é o iniciador dunha reforma radical da nomenclatura química mentres que os seus compatriotas Lavoisier (1743-1794) e Berthollet (1748-1822) actúan como precursores. Xunto co químico sueco Berzelius (1779-1842), Lavoisier foi un dos creadores da química modema. Tamén planificou a terminoloxía do seu campo de actividade. Berthollet é o autor de moitos descubrimentos científicos ós que houbo que atribuírlles unha denominación.

Máis preto de nós, o século XIX comeza coa publicación da obra de Louis-Sébastien Mercier titulada : Néologie, ou vocabulaire de mots nouveaux, à renouveler, ou pris dans des acceptions nouvelles (1801).

Como se pode constatar por medio desta panorámica tan selectiva que acabamos de ofrecer, o enriquecemento terminolóxico, a creación de sistemas de denominación, o perfeccionamento das nomenclaturas e maila xestión onomasiolóxica foron gañando importancia gracias á enxeñosa combinación da ciencia coas preocupacións lingüísticas dos precursores e dos homes de vontade encamados polos grandes eruditos e mailos talentosos escritores convocados ó banco das testemuñas da terminoloxía e da neoloxía.

4. O cabalo de Troia ou a revolución neolóxica contemporánea

Un salto de máis dun século e medio achéganos ata o período actual, iniciado hai máis ou menos vinte anos. En efecto, hai que remontar ata finais dos anos sesenta para atopa-la orixe do rexurdimento xeneralizado e organizado da neoloxía nos países máis industrializados e o comezo da función catalizadora da neoloxía nos países preindustrializados que apostaron pola vía da planificación lingüística e terminolóxica, unha vez superada a etapa da independencia política. Canto á autonomía económica, sobra dicir que implica o establecemento dun fondo léxico renovado. Tanto nas sociedades emerxentes coma nas sociedades xa desenvolvidas, a configuración de tódolos campos do saber depende da neoloxización voluntaria da(s) lingua(s).

No Quebec, vívese un período no que cabe destaca-la calma recobrada despois da treboada que suscitara a Lei 63 (promulgada en 1969), o intermedio da Lei 22 (aprobada en 1974), que debido ó seu carácter instigador non cubriu as expectativas dos planificadores nin as dos traballadores, e a chegada da Lei 101, denominada Carta da Lingua Francesa, que reivindicaba como primeira condición de maneira clara e coercitiva a independencia política e foi moi eficaz nas súas primeiras aplicacións.

O exemplo quebequés ilustra perfectamente como unha vez máis a neoloxía aparece na encrucillada do político e do lingüístico, con tódolos matices que serán enunciados máis adiante. No medio deste caos lingüístico, a terminoloxía perffiase como a vía estratéxica por excelencia para conseguir que a neoloxía acade o rango das modalidades recoñecidas para renovar unha lingua. A neoloxía convértese nun poder cando vai ligada ás preocupacións ideolóxicas das sociedades que deciden intervir no proceso lingüístico mediante a promulgación de lexislacións. As normas xurídicas decretadas activan os dispositivos de intervención por medio da planificación do status e do corpus da lingua. O feito de tratar colectiva, política e socialmente o fenómeno neolóxico, tendo en conta os seus dous polos de producción e organización institucional, permitiu “que a neoloxía saíse do maquis lingüístico no que estaba agochada agardando polos seus novos defensores” (Boulanger 1984b : 4). Por outra parte, a neoloxía deixa de vexetar detrás das grandes problemáticas actuais da lingüística. Neses últimos anos desenvolveuse rapidamente un sentimento de grande interese e de curiosidade lexítima por parte de lingüistas, terminólogos e responsables dos proxectos de planificación lingüística. Incuestionablemente, a “neoloxía vive agora solapada baixo as grandes correntes actuais da política, a economía, a cultura e a sociedade en xeral” (Boulanger 1979 : 37).

Máis ou menos a partir de 1970, a neoloxía, como satélite inmediato da terminoloxía, percorreu un camiño impresionante no mundo francófono. Cada vez é obxecto de máis reflexións profundas e de máis intentos de estructuración e modelización que achegan a producción de documentos con sabor glosopolítico. Ó longo de toda a súa progresión, a neoloxía vai adquirindo certos atributos ou caracteres insospeitados que lle confiren características adaptadas ás ambicións sociais que se pretenden acadar con ela. Convértese nun cabalo de batalla, nun instrumento de intervención provisto dun corpo de doutrina que bebe en varias fontes. A partir dos seus múltiples alicerces e do seu rico patrimonio, a neoloxía “aprenderá a coñecerse mellor para perfecciona-los seus métodos” (Boulanger 1983 : 321).

5. A fisión neolóxica

Dende hai vinte anos, a chamada neolóxica xorde en tódolos países francófonos, polo que definir e delimita-lo concepto de neoloxía dunha maneira unilateral denota un certo risco ou inocencia. Baixo a dobre influencia da lingüística e a terminoloxía, e polo tanto, de preocupacións de orde lexicográfica, terminográfica, normalizadora e planificadora, a noción recibiu un pulo considerable e adquiriu unha madureza que a propulsou ó proscenio de tódalas estratexias de intervención da lingua. O halo político que a rodea contribúe a esta traxectoria expansionista.

De maneira semellante ó átomo, hai pouco etemo e indivisible e agora fraccionable, a neoloxía desvela compoñentes intemos que orbitan arredor do núcleo orixinal, sempre asociado coas regras de ampliación do léxico dunha lingua. A concepción unívoca é obsoleta, e a defínición lingüística tradicional, que se limita exclusivamente ó conxunto dos procesos utilizados por unha lingua para enriquecer e renova-las súas reservas léxicas a través dos mecanismos morfosemánticos habituais, xa non é axeitada. Mellor dito, esta visión xa non é suficiente, pois agora non representa máis ca un aspecto de toda unha serie de iniciativas que ademais incorporan unha estratificación de natureza ideolóxica, sobre todo cando se evocan as pegadas glosopolíticas oficiais.

Ó mesmo tempo que consolida a relación permanente que mantén coa lingua común, a neoloxía desvela novos segredos para os profesionais. Estas pegadas inéditas van dende as consideracións máis lingüísticas ata a recente idea da industrialización das linguas, é dicir, ata a estructuración e o desenvolvemento das relacións da lingüística coa informática con vistas á fabricación, difusión e utilización dos productos culturais, educativos, etc. De agora en diante, a neoloxía considerarase coma un conxunto fraccionable, fisible e capaz de producir un feixe de enerxía para o cambio e a mellora do benestar lingüístico.

Este tecido atomizado da noción de neoloxía é o que a min me interesa pescudar e estudiar. Na actualidade, a idea de neoloxía comprende cinco aspectos coexistentes, sobre todo no contexto norteamericano. De paso tamén describirei as etapas da migración do concepto dende a lingüística ata o centro da mecánica social e profesional, empregando exemplos representativos dos coñecementos acumulados sobre o tema. Por outra banda, delimitarei e individualizarei as modulacións nocionais para facilita-la reflexión e comprende-la rede xerárquica que se pode establecer a partir delas. A existencia de interaccións constantes que navegan ocultas polos matices defínicionais que comentaremos máis adiante é tan certa coma que o concepto permanece aberto ós novos achados (véxase Boulanger 1985). Accesoriamente, cómpre sinalar que un dos sectores que con toda certeza aínda non está explorado son as relacións entre a neoloxía e maila psicolingüística.

6. Viaxe a “Atomia”

6.1. A capital

En primeiro lugar, o termo neoloxía designa sempre o proceso de creación de unidades léxicas novas, xerais ou terminolóxicas, recorrendo, consciente ou inconscientemente, ó arsenal de mecanismos de creatividade lingüística habituais dunha lingua. Trátase pois do código morfosemántico específico de cada lingua, que fomenta o perpetuo movemento de renovación natural das diferentes zonas de vocabulario deste idioma. O resultado tanxible da operación de producción lingüística inédita é o neoloxismo ou neotermo, é dicir, a unidade nova capaz de encher cada baleiro detectado introducíndose no uso corrente ou socioprofesional (exemplos : éditologie, éditique e EAO así coma os seus competidores sinonímicos publitique e PAO; domotique; servitique; géomatique; sidéen, que compite agora con sidatique e sidaïque; conseillance; bureauviseur; micro-ondable e a familia de orixe onomatopeica cliquer, cliquage, cliqueur, cliquable, que lle debe a súa orixe ó pequeno rato que se desliza sobre as nosas mesas de traballo). Sen embargo, a natureza individualizada do neoloxismo no momento do seu nacemento (é obra dunha soa persoa, aínda que o creador ás veces se agoche ante a instancia á que representa) non lle garante un éxito automático. “A rápida ocultación baixo o anonimato dun amplo consenso é (...) un dos criterios de éxito dunha creación léxica” (Hagége 1983 : 65). Algúns neoloxismos, aqueles máis resistentes ou indispensables cós outros, acábanse introducindo antes ou despois nos diccionarios, pero outros son retidos nalgunha antecámara lexicográfica onde agardan pola panteonización nos grandes diccionarios. As actualizacións dos diccionarios, as novas edicións de repertorios de palabras e mailo almacenamento nos bancos terminolóxicos poñen de manifesto a actividade xeradora de palabras inéditas (véxase o parágrafo 5.2.4).

6.2. As vilas satélites

6.2.1.

En segundo lugar, o termo neoloxía designa o estudio teórico e aplicado das innovacións léxicas, tanto polo que respecta ás técnicas de formación de palabras (derivación, composición, sintagmatización, préstamo, etc), como á adquisición semántica, ós criterios de recoñecemento, á aceptabilidade ou difusión dos neoloxismos, ás relacións coa normalización e á inserción social ou socioprofesional das palabras novas. Neste caso, a perspectiva da teorización lingüística únese ás análises impostas pola sociolingüística para establecer unha dinámica e determina-lo status da neoloxía dentro das disciplinas da linguaxe. A fmalidade das investigacións é determina-las causas do éxito ou do fracaso das novas palabras trala súa creación ou identificación como productos léxicos novos. O resultado concreto deste aspecto é a publicación dunha ou varias obras sobre o fenómeno da neoloxía. Tanto se se trata dun artigo coma dunha bibliografía, libro ou tese, o documento será de natureza interpretativa e procurará sistematiza-los coñecementos sobre o tema. Os seminarios académicos, coloquios e demais encontros científicos tamén participan na gramática dos coñecementos en materia de neoloxía (véxase Boulanger 198lb, 1984a e Turcotte 1988).

6.2.2.

O termo neoloxía tamén fai referencia á actividade institucional organizada e planificada sistematicamente para enumerar, crear, consignar, espallar e implantar innovacións léxicas, no marco dun organismo público ou privado de vocación lingüística. Normalmente, a institución está asociada a un proxecto de cambio, mellora, modemización ou reforma da lingua nun país, Estado ou conxunto máis amplo como poden se-los países francófonos ou arabefalantes. As modalidades de intervención socioterminolóxicas defínense e estructúranse con vistas a satisface-las necesidades dun proxecto social de terminoloxización (afrancesamento no caso do Quebec, arabización no caso da Africa magrebí, catalanización no caso de Cataluña, etc.). A perspectiva de institucionalización, regulada polas autoridades políticas e administrativas mandatadas para este efecto polo poder, está privilexiada neste caso dende o punto de vista da planificación lingüística e terminolóxica. A planificación lingüística debe entenderse como un proceso intervencionista voluntario, que aspira a planificar e modela-lo cambio lingüístico. Polo tanto, trátase dunha “intervención consciente nos asuntos lingüísticos, tanto do Estado coma dos individuos ou gmpos, co propósito de influír na orientación e no ritmo da competencia lingüística, normalmente a favor das linguas ameazadas ou coa intención de estructura-la lingua en si, estandarizándoa, describíndoa ou enriquecéndoa lexicalmente” (Corbeil 1987 : 565).

Pola súa parte, a planifícación terminolóxica hai que entendela como un proceso lexítimo e deliberado que permite crear, elaborar, implantar e difundir terminoloxías na bagaxe lingüística dun gmpo de chegada máis ou menos amplo, nunha sociedade ben identificada, nun territorio dado e nun momento ben delimitado no tempo. A planificación pode facer referencia a unha, dúas ou varias linguas, segundo as necesidades e as lexislacións vixentes. Polo tanto, estamos diante dunha neoloxía planificadora, diante dunha investigación teórica e práctica agmpada e introducida nun mesmo sistema de partenariado. Así pois, o producto acabado que expresa este atributo do concepto de “neoloxía” é un escrito ou un conxunto de escritos solicitados por unha administración e en concordancia cunha intención gobemamental.

Entre os exemplos máis salientables, cómpre menciona-lo acordo Bourassa-Chirac asinado en 1974 entre o Quebec e Francia; a creación oficial dunha célula de investigación neolóxica no seo do Office de la langue frangaise du Québec en 1975; o protocolo de acordo entre os parceiros da primeira rede de neoloxía fran-cófona; as declaracións de intención nos documentos do primeiro e do segundo cumio francófonos, celebrados respectivamente en febreiro de 1986 en París e en setembro de 1987 no Quebec; as actas das reunións da segunda rede de neoloxía en proceso de constitución; as ordes ministeriais polas que se crean as comisións de terminoloxía e os centros de investigación; os regulamentos relativos á orientación das políticas lingüísticas; os textos políticos dos organismos responsables da aplicación das leis (véxase OLF 1980, 1985, 1986) etc. O conxunto destes escritos pertence á multitude de documentos oficiais que tratan sobre a neoloxía.

Todos estes textos sobre a concertación político-institucional posúen dúas características básicas. En primeiro lugar, desprenden un arrecendo totalmente político e en segundo, recoñecen implicitamente que a planificación léxica pode estar dirixida por profesionais da lingua, ós que se lles recoñece oficialmente o poder de crear palabras novas e de opinar sobre a lingua co obxectivo de modelar e delimita-la diversidade lingüística intema ou extema dun espacio xeográfico determinado. “A verdade é (...) que deixando o destino das linguas nas mans daqueles que se dedican ó estudio da natureza das mesmas, estamos contribuíndo a encamiñar por vías máis seguras o seu futuro, e posiblemente tamén o dos pobos que as falan” (Hagége 1983 : 67).

6.2.3.

O termo neoloxía serve para designa-la tarefa de identificación dos sectores especializados dos campos de coñecemento humanos que requiren unha contribución léxica considerable con vistas a palia-las carencias de vocabulario. Os campos poden ser completamente novos (por exemplo : intelixencia artificial, seguridade informática, dereito informático, infografía, ofimática integrada, edición microinformática, defensa espacial, etc.); máis ou menos recentes (docimoloxía, chuvias ácidas, biomasa, teledetección, telemática, etc.) e máis antigos, pero aínda sen describir ou con baleiros dende o punto de vista terminolóxico (mecanización forestal, manutención, alimentación, etc.). Todos estes campos de actividade son, en maior ou menor medida, grandes productores de neoloxismos.

En vez de pararse a avalia-lo status das unidades examinadas unha a unha ou a localizar pequenos grupos de unidades fragmentarias, neste caso a investigación neolóxica consiste en trata-lo conxunto ou os subconxuntos do sistema de termos que forman parte do campo escollido (véxase Boulanger 1979). Por conseguinte, é evidente que tódalas unidades terminolóxicas do campo das chuvias ácidas que aparecen no dobre cademo da colección Néologie en marche (número 40-41) non pertencen á serie dos neotermos formais ou semánticos, é dicir, unidades léxicas de forma ou de sentido que aínda non estaban dispoñibles nunha fase de evolución deste tecnolecto inmediatamente anterior ó momento da investigación. O feito de concentra-las nocións e os termos nun mesmo repertorio supón un esforzo considerable de síntese dos datos espallados por unha documentación que adoita ser moi voluminosa e diversificada, que pode ser lexicográfica, terminográfica ou informático-gráfica. A consignación no diccionario permite establecer un perfil terminolóxico case completo do campo das chuvias ácidas destacando a orixinalidade desta terminoloxía, case toda tomada prestada dunha multitude de campos fronteirizos ou algo máis periféricos. A intelixencia artificial tamén pode servir de exemplo para ilustra-lo mesmo fenómeno, xa que a súa orixinalidade se basea na amálgama dos trazos herdados das técnicas e das nocións da psicoloxía cognitiva, da (micro)informática, da lingüística e da psicolingüística (véxase Boulanger 1988a).

A perspectiva que aquí se privilexia é característica da investigación terminolóxica sistemática ou, ocasionalmente, da investigación baseada nos feitos, así como da investigación terminográfica. O producto acabado é semellante ós diccionarios de carácter neográfico, coma os cademos Néologie en marche, o Dictionnaire des néologismes officiels, o Dictionnaire de termes nouveaux des sciences et des techniques, ou o Répertoire des avis linguistiques et terminologiques, etc.

6.2.4.

Por último, o termo neoloxía tamén designa un conxunto de relacións cos diccionarios xerais monolingües e os diccionarios especializados de carácter preponderantemente neolóxico (diccionarios de neoloxismos, palabras inventadas, préstamos, etc.). Este aspecto sitúanos no miolo da lexicografía.

Pódense distinguir cinco estratexias distintas :

  1. pódese utilizar un diccionario, ou máis ben unha serie de diccionarios xerais, terminolóxicos, enciclopédicos ou automatizados, para decidir cómoda e obxectivamente sobre o carácter neolóxico (no sentido de aparición recente na lingua) ou lexicalizado dunha unidade localizada nun texto e sobre a que hai que emitir unha opinión. Neste caso, os repertorios de referencia considéranse instmmentos de control ou un filtro lexicográfico (véxase Boulanger 1979);
  2. o locutor procura identificar nun diccionario as unidades metalingüísticas marcadas como neolóxicas e despois intenta interpreta-las marcas. Estas palabras son localizables gracias a unha serie de etiquetas empregadas polos lexicógrafos : a abreviación neol. (“neoloxismo”), a datación, as chamadas de carácter normativo como recomendación oficial, etc. (véxase Boulanger 1985);
  3. o investigador pode interesarse polo estudio crítico das obras referentes ás innovacións léxicas, é dicir polo nivel metaléxico-gráfico (véxase Boulanger 1988b);
  4. os diccionarios conteñen unha serie de instruccións sobre o funcionamento dos neotermos ou sobre as súas modalidades de formación. En efecto, un locutor atento pode descodificar no diccionario indicacións sobre a maneira de crear unha nova unidade. Nel encontrará unha serie de morfemas libres ou trabados, regras para combina-los elementos de formación, o(s) significado(s) dos afixos, táboas de afixos, etc. Este aspecto da investigación refírese á gramática da neoloxía (ver 5.2.1) e proporciona respostas ós usuarios que se cuestionan sobre as series léxicas abertas e sobre o que está permitido e prohibido en materia de formación e utilización de palabras. Le Robert méthodique, o Dictionnaire général e o Grand Larousse de la langue française inclúense dentro das obras deste tipo;
  5. o lector do diccionario pode dedicarse a localiza-los indicios que permiten opinar sobre a ideoloxía dos lexicógrafos. Cando exerce a súa profesión, o lexicógrafo non crea neoloxismos. O seu papel consiste en rexistra-las palabras e en dar fe do seu uso, tanto antigo coma modemo ou contemporáneo. A súa actitude con respecto ás unidades que hai que describir, pode detectarse polo seu comportamento con determinadas palabras neolóxicas, rexionais ou pertencentes a rexistros lingüísticos marcados. O novo diccionario da Academia, do que comezan a aparece-los fascículos, recolle poucos rexionaüsmos (acadien, foresterie)-, rexeita os préstamos ou os calcos (camping, nominer), fai caso omiso das novas formas femininas das denominacións dos títulos, funcións ou profesións e descarta os vulgarismos e as voces aigóticas. Canto ós neoloxismos, a Academia vainos introducindo a contagotas. Estes comportamentos académicos poñen de manifesto unha ideoloxía máis ben purista e conservadora e non teñen en conta a apertura da lingua ffancesa hoxe en día. Afortunadamente, outras empresas lexicográficas teñen proxectos máis progresistas, relacionados coa evolución real da sociedade e do seu satélite lingüístico (véxase Boulanger 1986).

A perspectiva das relacións entre a neoloxía e o diccionario é multidireccional, como se pode constatar pola diversidade dos vínculos interpretativos enumerados. De feito, á neoloxía aínda Ile quedan moitos misterios por desvelar.

7. Dende a neoloxía defensiva ata a neoloxía ofensiva

Como podemos observar a partir da evocación diacrónica do status da neoloxía e das cinco estratexias resultantes das diferentes perspectivas, a neoloxía metamorfoseouse nunha institución que se erixiu a forza de beber en diversas fontes complementarias. A noción de neoloxía non é nada doada de aprehender nin se pode reducir a unha simple definición lingüística. Forma parte dun conxunto interactivo e convivencial no que a lingua común e mailos tecnolectos asinaron un acordo que materializa a complicidade entre a sociedade, os fabricantes de diccionarios, a política e, no caso do período contemporáneo, o vasto sector, aínda imperfectamente descrito, das industrias da lingua. A amálgama construída anteriormente lémbranos que o principal obxectivo da neoloxía é resolve-las carencias constatadas no léxico dunha lingua a fin de proporcionarlle as ferramentas léxicas indispensables para que poida ter algunha posibilidade de sobrevivir e ser recoñecida dentro do panorama lingüístico planetario.

Debido ó obxectivo orgánico fundamental que se lle recoñece á neoloxía, esta debe rodearse dun aparato executorio para poder desempeñar plenamente a súa misión, que consiste en contrarresta-lo baleiro lingüístico e organiza-los traballos racional e funcionalmente.

Escarapelando un pouco o tecido atómico da neoloxía ponse de manifesto un denominador común. Todo xira arredor da vontade de acepta-la idea de que a planificación lingüística dun país ou Estado implica o desenvolvemento dunha ideoloxía da neoloxía. E esta ideoloxía é xustamente o punto que teñen en común as diferentes concienciacións de que había que satisfacer novas necesidades denominativas, tanto no Renacemento e na época revolucionaria coma no que levamos vivindo dende hai unha xeración. Non cabe dúbida de que a francofonía pode apoiar esta ideoloxía voluntarista con respecto á neoloxía, xa que na situación en que nos encontramos comprende a creación lingüística, a dinámica evolutiva da lingua, a descrición lexicográfica e a organización da intervención, tanto dende o punto de vista institucional coma dende o punto de vista político-lexislativo. A neoloxía acada un maior grao de madureza e a súa avaliación política xa non precisa ser demostrada. Ademais, está claro que “na ideoloxía do momento se abre unha era neolóxica” (Guilbert 1973 : 29). As modulacións conceptuais súmanse para formar un conxunto harmonioso no seo da orquestración da neoloxía. É evidente que hai que intervir urxentemente a fin de unifica-la neoloxía en tódolos sectores nos que se crean unidades novas. En 1971, Bemard Quemada xa dicía que os lingüistas precisaban unha “Carta contemporánea para que os practicantes ou os organismos dispuxesen dos primeiros elementos de reflexión e das primeiras regras de traballo que lles facían falta” (Quemada 1971 : 144). En 1973, Louis Guilbert retoma as preocupacións quemadianas elitistas das academias para facer “fronte á necesidade de denominar tódalas creacións da ciencia e da técnica competindo eficazmente coas linguas que normalmente monopolizan este labor” (Guilbert 1973 : 29). A partir dese momento, as ocasións non deixaron de ser aproveitadas tanto polos uns coma polos outros a ámbolos lados do Atlántico. O último foi Claude Hagége, que volveu a engrena-la máquina estipulando que “é evidente que cómpre unha acción concertada dos aproximadamente corenta países francófonos de hoxe en día, para chegar ás mesmas palabras nos diferentes campos do saber nos que non se para de introducir termos debido ós progresos do coñecemento e das invencións” (Hagége 1987 : 237).

A comunidade francófona só pode contar consigo mesma, o seu destino está nas súas mans. A neoloxía é un recurso ideolóxico destinado a garanti-la estabilidade do futuro francés, que preconiza un cambio lingüístico (o status da lingua) ou o enriquecemento do léxico (o corpus da lingua). Asumir tódalas súas consecuencias é competencia dos francófonos.

8. Previsións de futuro

O último desafío ó que se ten que enfronta-la aventura neolóxica é á súa inserción no carrusel das industrias da lingua, “é dicir, á aplicación industrial do tratamento da lingua, en calidade de material, polas máquinas informáticas para satisfa-cer un certo número de necesidades de sectores como a educación, a sanidade, a seguridade, etc. Se o francés non se industrializa, as posibilidades de manterse ó nivel dunha lingua internacional iranse reducindo debido á presión cada vez maior que exercerán, en todo tipo de comunicación industrial, comercial e científica, os ordenadores capaces de manipula-lo inglés, é dicir, a lingua dos enxeñeiros que máis ordenadores constrüen na actualidade” (Hagége 1987 : 249). As industrias da lingua son a última manifestación dos intereses neolóxicos. Os resultados da informática lingüística favorecen o desenvolvemento, fabricación e comercialización de tecnoloxías e productos totalmente revolucionarios, que sen lugar a dúbida son de grande utilidade nos diferentes campos de actividade.

A creación dunha lingua francesa con futuro está nas mans dos lingüistas, entre os que neólogos e “neoloxicistas” teñen moito que dicir, ou máis ben, que inventar. Polo tanto, o feixe de vínculos que unen cada perspectiva da neoloxía aínda se vai diversificar moito. ¿Os usuarios do francés están preparados para aventurarse nun novo ciclo intensivo de enriquecemento da súa lingua, para cumpri-las expectativas que se manifestan en todo o mundo? A ampliación dos límites do léxico é un proceso iterativo “dialecticamente ligado á lexicalización das palabras e ós cambios sociais. Esta é unha das características máis salientables das linguas humanas que, de desgastes en refeccións, percorren as vías dun etemo retomo” (Hagége 1983 : 59), oscilando entre os árbitros e os creadores ou os reformadores da lingua.

9. Bibliografía

9.1. Lingüística

9.2. Diccionarios

Nota

[1] J.-C. Boulanger (1989) : “L’évolution du concept de NÉOLOGIE de la linguistique aux industries de la langue”, en Caroline de Schaetzen (ed.) : Terminologie diachronique. Actes du Colloque organisé à Bruxelles les 25 et 26 mars 1988. Paris / Bruxelles, Conseil Intemational de la Langue Française / Ministère de la Communauté française de Belgique, pp. 193-211. Agradecémoslle a J.-C. Boulanger o permiso que nos concedeu a finais do ano 2000 para publicar este artigo en galego. A versión que presentamos é de Sofía Godino.

Helmi B. Sonneveld et Kurt L. Loening, dir. Terminology : Applications in Interdisciplinary Communication. Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins Publishing Company, 1993, viii + 244 pages.

Jusqu’à récemment, les publications internationales rédigées en anglais dans le domaine de la terminologie n’étaient pas légion. Le présent ouvrage vise à combler cette lacune. On peut en effet s’attendre à ce que dans l’avenir l’anglais prenne une place importante dans le champ de la recherche terminologique théorique et de la métaterminologie et cela par le biais de revues scientifiques, d’actes de colloques, de livres ou d’ouvrages collectifs comme celui qui est cité en objet.

Ce recueil a pour but principal d’explorer les principes et les méthodes qui fédèrent le champ multidisciplinaire de la terminologie, d’en rappeler les axes majeurs, de proposer quelques pistes sur l’utilité de cette discipline et de mesurer l’impact de son interaction par rapport à d’autres sphères d’activité d’ordre linguistique et d’ordre extralinguistique. Les éditeurs voulaient montrer que les développements des sciences et des techniques sont toujours alliés à d’immenses besoins en vocabulaires qu’il faut aménager et gérer en fonction des secteurs d’implantation. Le livre se veut aussi une introduction à l’application des préceptes et de la praxis de la terminologie dans quelques champs de la linguistique comme la traduction, les dictionnaires électroniques, l’ingénierie de la connaissance et les nomenclatures. L’intérêt, sinon l’obligation, qu’il y a à s’arrimer à différentes théories linguistiques est bien mis en évidence dans plusieurs contributions.

Les concepteurs du collectif veulent amorcer la discussion, établir des ponts, identifier des points de repère sensibles et définir quelques voies nouvelles afin de lancer des débats féconds et d’ouvrir de fructueux dialogues sur la terminologie. D’où le nombre plutôt réduit d’articles. Ceux-ci couvrent en effet un spectre relativement étroit et éclectique de la terminologie, mais les thèmes sélectionnés sont, pour la plupart, primordiaux. Cette série d’essais se voulait également le coup d’envoi pour la revue qui porte le titre de « Terminology. International Journal of Theoretical and Applied Issues in Specialized Communication » et dont le premier numéro est sorti au printemps 1994.

Les quatorze contributions rassemblées fondent un kaléidoscope d’interventions internationales aussi bien par la matière traitée que par la palette des spécialistes invités. Des quinze auteurs —un article est signé par deux personnes—, quatre sont canadiens (dont trois québécois), trois sont allemands, trois sont américains, deux sont anglais, deux sont hollandais et un est japonais. Les thématiques exploitées sont variées. Dans la brève synthèse qui suit, plutôt que de fournir les titres détaillés des contributions, j’indique seulement les noms des auteurs accompagnés du numéro d’ordre qui correspond à leur article dans la table des matières. Les lecteurs intéressés pourront se reporter avec profit aux énoncés détaillés. Les auteurs traitent de la néologie (S. Pavel : III), de la phraséologie (S. Pavel : III) et des collocations (P. Thomas : V), des contacts de langues (L.-J. Rousseau : IV), de la traduction (R. Arntz : II et D. Reed : VII), des banques de termes (P. Thomas : V), de l’indexation (R. Buchan : VI), de l’informatique (P. Thomas : V, R. Buchan : VI et E. Knops/G. Thurmair : VIII), de l’aménagement linguistique (J. Maurais : IX), de la normalisation (R. Strehlow : X), de l’application des principes et méthodes de la terminologie (T. Godly : XI et W. Hirs : XV), de l’intelligence artificielle (P. Wijnands : XII) et de la théorie de la connaissance (T. Yokoi : XIII), de quelques domaines de LSP, comme la Common Law (D. Reed : VII), la physique (R. Strehlow : X), la chimie (T. Godly : XI), les sciences sociales (F. Riggs : XIV), la médecine (W. Hirs : XV).

Les notions et les termes sont au centre des préoccupations, que celles-ci soient tournées vers les nouvelles technologies informatiques ou qu’elles soient orientées vers une démarche plus traditionnelle en matière d’élaboration des vocabulaires. Le terme est étudié également dans des perspectives linguistiques (néologismes, phraséologismes, collocations, entrées dans un dictionnaire), traductionnelles (l’équivalent) et comme matériau informatique, aussi bien pour l’encodage que pour le décodage.

Ces textes très divers explorent en majorité des zones bien connues de la terminologie, les renseignements rassemblés étant souvent accessibles dans plusieurs autres ouvrages comme des actes de colloques, des articles de revues, des manuels universitaires ou institutionnels, etc. La nouveauté ici, c’est la langue de rédaction, à savoir l’anglais, car en français, en allemand, en russe... il ne manque pas de documentation sur les sujets abordés. Les articles sont aussi trop disparates pour former un continuum, pour offrir un fil conducteur, pour dessiner un paysage uniforme qui servirait de trame à un manuel de terminologie d’allure pédagogique, ce qui n’exclut pas le caractère didactique et informatif du livre. L’objectif poursuivi par les éditeurs ne consistait d’ailleurs pas à élaborer un traité en la matière. Si l’on cherche à caractériser les textes, on pourrait dire que parmi eux, deux ou trois sont plutôt innovateurs (par exemple, S. Pavel : III et p. Wijnands : XII), que d’autres sont plus prospectifs (par exemple, E. Knops/G. Thurmair : VIII), notamment ceux qui s’aventurent du côté de l’ingénierie linguistique (par exemple, T. Yokoi : XIII), que d’autres encore présentent des applications spécifiques des principes et méthodes de la terminologie (par exemple, T. Godly : XI et W. Hirs : XV), que d’autres enfin proposent des analyses apparentées à un point de vue sur une question, études que l’on trouve aisément dans la littérature déjà publiée par ailleurs (par exemple, L.-J. Rousseau : IV, D.Reed : VII et J. Maurais : IX).

Par la présentation de différentes approches et applications, le recueil met en lumière des questions fondamentales sur les concepts, sur les termes qui les dénomment et sur le développement des connaissances. Il réaffirme les éléments fondateurs de la discipline, les grands axes de l’aménagement linguistique et les liens avec la discipline sœur qu’est la traduction. Les articles possèdent un caractère parfois descriptif tandis qu’en d’autres occasions, il est fait état d’études à caractère plus pragmatique. Le premier ensemble est assimilable à la terminologie en tant que science alors que le deuxième s’associe davantage à la terminographie, c’est-à-dire à la pratique, à la mise en application des acquis théoriques.

À l’époque de l’information technologique massive, des autoroutes électroniques et du multilinguisme institutionnalisé, les besoins de communiquer, d’échanger des données et des renseignements de manière précise et efficace ont transmis une impulsion nouvelle et importante à la science de la terminologie. Ce livre est une bonne contribution sur ces sujets. Incontestablement, l’ensemble illustre aussi la multi- et l’interdisciplinarité de la terminologie et il montre que cette activité n’a pas de frontière linguistique dans ses applications ni de frontière de langue quand il s’agit de réunir des réflexions sur le sujet. Il reste à bien circonscrire les véritables enjeux, les véritables universaux et l’avenir de la plus récente des disciplines de la linguistique et cela au moment où s’annonce un siècle consacré à la culture technicienne.