Présentation — Technolectes et dictionnaires

1. Le scénario

Le présent numéro de TTR concrétise l’idée déjà bien mûrie de proposer une livraison spéciale consacrée à la terminologie, deuxième champ d’activités par rapport à la traduction qui est la principale locomotive de la revue depuis sa naissance. L’ensemble est organisé autour d’une série de textes dans lesquels s’enchâssent les dictionnaires et les technolectes. Comme les lignes directrices étaient très larges et très ouvertes, les participants ont privilégié des orientations en apparence éclatées.

Certaines contributions sont directement greffées sur le thème central puisqu’elles traitent à la fois d’une LSP et du dictionnaire général (Hamelin), d’une LSP et du dictionnaire terminologique (v. Cormier/Fontaine, Dancette, Gaudin) ou du dictionnaire informatisé (Cabré/Yzaguirre, L’Homme). D’autres ciblent davantage le volet technolectal de la thématique (Cochrane, Rouleau). En dépit du caractère protéiforme dans la manière de se réapproprier le thème de la part des auteurs, il existe une unité de contenu dans l’ensemble des articles, une progression dans l’ordre des intérêts dans lesquels fusionnent des préoccupations langagières avant tout axées sur le comportement du « mot ». Les guillemets renvoient ici à la fois à la difficulté de circonscrire ce qu’est un mot, aux conceptions multiples ayant cours sur les plans théoriques et pragmatiques au sujet du mot et à sa distribution en catégories suivant que l’on parle des technolectes —on privilégiera alors le terme— ou de la langue générale —c’est le signifiant mot qui dominera dans cette option. Ces dichotomies sont bien connues des terminologues et des linguistes. Elles confirment simplement l’envergure conceptuelle et le caractère ondoyant du mot.

Que l’attribut dominant de l’article soit la terminologie (v. Cormier/Fontaine, Gaudin, Hamelin, L’Homme), la traduction (v. Cochrane, Rouleau), la terminologie-traduction (v. Dancette) ou la langue générale (v. Cabré/Yzaguirre), chaque étude apporte son lot d’informations sur l’élément central du fonctionnement textuel : l’unité lexicale. Tantôt, on la scrute sous l’angle de son apparition dans la langue, de son installation dans l’usage, de sa diffusion sociale —implantation—, de sa confrontation statistique avec ses semblables dans d’autres langues, du sort que lui réservent les différents types de dictionnaires. Tantôt, on recherche les forces vives qui l’équilibrent sémantiquement alors que les noms propres (les proprionymes) font irruption dans la formation syntagmatique des unités lexicales complexes. Tantôt, on l’examine en fonction de son statut dans les macrostructures. Tantôt, on définit une série de critères de reconnaissance du mot utiles pour déterminer ce qu’est cette étrange créature linguistique qui doit parfois migrer d’une langue dans une autre. Tantôt, l’enquête porte sur la physionomie des formes linguistiques : verbes, unités lexicales complexes, « nordonymes », néologismes, etc.

Au fond, le véritable motif qui est dessiné en filigrane de ce collectif, c’est l’image multicolore de l’unité lexicale, reine à la fois des technolectes et des dictionnaires. Le thème bicéphale est donc ici comme un trompe-l’œil qui capte différents regards sur l’unité centrale de la terminologie, de la traduction et de tous les métiers d’écriture : le mot, partout présent dans le recueil.

2. Le « casting »

Maria Teresa Cabré et Lluís de Yzaguirre décrivent une recherche portant sur le repérage semi-automatique des néologismes de presse catalans et castillans en vue d’établir des dictionnaires de mots nouveaux.

Guylaine Cochrane s’intéresse au provignement traductionnel, à savoir au passage d’un texte d’une langue à l’autre, ce qui, en général, provoque un accroissement de la longueur du texte d’arrivée par rapport au texte de départ, du moins d’après certaines sources. L’un des centres d’intérêt de son apport est certainement la mise au point faite sur ce qu’il faut entendre par mot. Le mot est mis en correspondance avec les contraintes linguistiques et les exigences fonctionnelles de chaque langue.

Monique Cormier et Jean Fontaine s’intéressent à la circulation et au devenir des noms propres lorsqu’ils sont importés dans les discours ordinaires et qu’ils prennent vie en langue, c’est-à-dire lorsqu’ils s’installent à demeure dans un système linguistique et qu’ils deviennent signifiants. En s’appuyant sur le domaine de l’intelligence artificielle, les auteurs montrent comment une partie importante de ce vocabulaire est générée à l’aide de proprionymes ou de formations issues de ceux-ci. C’est d’abord la morphologie —les modes de formation— qui capte l’attention. En second lieu, il est fait état des rapports entre les unités lexicales comportant un onomastisme et le nom propre qui est à l’origine de ce dernier. Enfin, le rôle des bases lexicales dans la formation des unités lexicales complexes onomastiques est l’objet d’un coup d’œil circonstancié.

Jeanne Dancette analyse une terminologie bilingue, celle du commerce de détail, dans la perspective de la préparation d’un dictionnaire bilingue anglais-français. Elle prend en considération l’interaction entre la cognition et la dénomination. Cette interaction est nécessaire dans la démarche traductionnelle et dans la démarche terminologique. La chercheuse innove sur certains points de la méthode terminographique : d’abord, elle ne prétend pas offrir un inventaire fini de termes; ensuite, les unités sont présentées et définies en contexte; enfin, l’option dictionnairique est descriptive et non pas prescriptive, la sempiternelle norme doit donc jeter ici du lest. Le dictionnaire projeté sera opérant en discours plutôt qu’en langue. Il s’articulera dans une continuité discursive entre une sémantique contrastive et une lexicologie fonctionnelle.

François Gaudin questionne les dictionnaires des sciences sous différents angles afin d’y repérer les ressources linguistiques mises en œuvre par les terminographes. Il s’arrête principalement sur les relations sémantiques et, par conséquent, sur la fabrication des définitions, noyaux de toute description, lexicographique.

Louis-Edmond Hamelin poursuit son périple vocabulairique nordique. Il enrichit cette fois-ci nos connaissances sur le terme nordicité et sur sa famille lexicale. Il relate les aventures et les mésaventures de la lexicalisation de cet hamelinisme dans les dictionnaires européens et québécois. Mais, avant tout, il écrit le récit de la naissance et de l’installation dans l’usage technolectal de cet ancien néologisme qui ne pouvait manquer de naître sous sa plume féconde d’observateur du monde nordique.

Marie-Claude L’Homme fait état d’une recherche sur l’appariement de formes verbales françaises et anglaises dans les LSP. L’accent est mis sur les méthodes de recensement de telles unités et sur la quête de leurs équivalents dans l’autre langue. L’approche préconisée est celle du traitement automatique. Traditionnellement, la littérature scientifique fait porter le flambeau de la terminologie au nom. Le projet décrit illustre l’importance du centrement de l’intérêt sur le verbe qui est aussi générateur de terminologie, entendue ici au sens de registre de langue technolectal ou diatechnique. Les démonstrations sont arrimées aux dictionnaires.

Maurice Rouleau entraîne ses lecteurs sur le terrain de la médecine. Il établit des passerelles entre les connaissances du traducteur et celles du spécialiste. Ce dernier use de la langue médicale à des fins professionnelles tandis que le premier en fait d’abord un usage métalinguistique; il transpose des mots d’une langue dans une autre. Cette activité requiert néanmoins une maîtrise à tous les niveaux linguistiques. Il ne suffit pas de dominer la terminologie idoine. Le dictionnaire sert de toile de fond pour cette exploration du langage de la médecine. Trois cas de figure sont retenus : l’évolution des termes, la création de termes nouveaux, la structuration ou la composition des termes.

3. Le mixage

Ce collectif de réflexions donne la parole à des chercheurs chevronnés tout autant qu’aux chercheurs en émergence. Quelques collègues européens ont bien voulu s’associer à l’équipe nord-américaine formée pour composer ce numéro de TTR articulé autour des technolectes et des dictionnaires. Ces deux facettes de la constitution du groupe de rédacteurs valaient la peine d’être soulignées. Elles illustrent clairement la complémentarité des contributions.

Helmi B. Sonneveld et Kurt L. Loening, dir. Terminology : Applications in Interdisciplinary Communication. Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins Publishing Company, 1993, viii + 244 pages.

Jusqu’à récemment, les publications internationales rédigées en anglais dans le domaine de la terminologie n’étaient pas légion. Le présent ouvrage vise à combler cette lacune. On peut en effet s’attendre à ce que dans l’avenir l’anglais prenne une place importante dans le champ de la recherche terminologique théorique et de la métaterminologie et cela par le biais de revues scientifiques, d’actes de colloques, de livres ou d’ouvrages collectifs comme celui qui est cité en objet.

Ce recueil a pour but principal d’explorer les principes et les méthodes qui fédèrent le champ multidisciplinaire de la terminologie, d’en rappeler les axes majeurs, de proposer quelques pistes sur l’utilité de cette discipline et de mesurer l’impact de son interaction par rapport à d’autres sphères d’activité d’ordre linguistique et d’ordre extralinguistique. Les éditeurs voulaient montrer que les développements des sciences et des techniques sont toujours alliés à d’immenses besoins en vocabulaires qu’il faut aménager et gérer en fonction des secteurs d’implantation. Le livre se veut aussi une introduction à l’application des préceptes et de la praxis de la terminologie dans quelques champs de la linguistique comme la traduction, les dictionnaires électroniques, l’ingénierie de la connaissance et les nomenclatures. L’intérêt, sinon l’obligation, qu’il y a à s’arrimer à différentes théories linguistiques est bien mis en évidence dans plusieurs contributions.

Les concepteurs du collectif veulent amorcer la discussion, établir des ponts, identifier des points de repère sensibles et définir quelques voies nouvelles afin de lancer des débats féconds et d’ouvrir de fructueux dialogues sur la terminologie. D’où le nombre plutôt réduit d’articles. Ceux-ci couvrent en effet un spectre relativement étroit et éclectique de la terminologie, mais les thèmes sélectionnés sont, pour la plupart, primordiaux. Cette série d’essais se voulait également le coup d’envoi pour la revue qui porte le titre de « Terminology. International Journal of Theoretical and Applied Issues in Specialized Communication » et dont le premier numéro est sorti au printemps 1994.

Les quatorze contributions rassemblées fondent un kaléidoscope d’interventions internationales aussi bien par la matière traitée que par la palette des spécialistes invités. Des quinze auteurs —un article est signé par deux personnes—, quatre sont canadiens (dont trois québécois), trois sont allemands, trois sont américains, deux sont anglais, deux sont hollandais et un est japonais. Les thématiques exploitées sont variées. Dans la brève synthèse qui suit, plutôt que de fournir les titres détaillés des contributions, j’indique seulement les noms des auteurs accompagnés du numéro d’ordre qui correspond à leur article dans la table des matières. Les lecteurs intéressés pourront se reporter avec profit aux énoncés détaillés. Les auteurs traitent de la néologie (S. Pavel : III), de la phraséologie (S. Pavel : III) et des collocations (P. Thomas : V), des contacts de langues (L.-J. Rousseau : IV), de la traduction (R. Arntz : II et D. Reed : VII), des banques de termes (P. Thomas : V), de l’indexation (R. Buchan : VI), de l’informatique (P. Thomas : V, R. Buchan : VI et E. Knops/G. Thurmair : VIII), de l’aménagement linguistique (J. Maurais : IX), de la normalisation (R. Strehlow : X), de l’application des principes et méthodes de la terminologie (T. Godly : XI et W. Hirs : XV), de l’intelligence artificielle (P. Wijnands : XII) et de la théorie de la connaissance (T. Yokoi : XIII), de quelques domaines de LSP, comme la Common Law (D. Reed : VII), la physique (R. Strehlow : X), la chimie (T. Godly : XI), les sciences sociales (F. Riggs : XIV), la médecine (W. Hirs : XV).

Les notions et les termes sont au centre des préoccupations, que celles-ci soient tournées vers les nouvelles technologies informatiques ou qu’elles soient orientées vers une démarche plus traditionnelle en matière d’élaboration des vocabulaires. Le terme est étudié également dans des perspectives linguistiques (néologismes, phraséologismes, collocations, entrées dans un dictionnaire), traductionnelles (l’équivalent) et comme matériau informatique, aussi bien pour l’encodage que pour le décodage.

Ces textes très divers explorent en majorité des zones bien connues de la terminologie, les renseignements rassemblés étant souvent accessibles dans plusieurs autres ouvrages comme des actes de colloques, des articles de revues, des manuels universitaires ou institutionnels, etc. La nouveauté ici, c’est la langue de rédaction, à savoir l’anglais, car en français, en allemand, en russe... il ne manque pas de documentation sur les sujets abordés. Les articles sont aussi trop disparates pour former un continuum, pour offrir un fil conducteur, pour dessiner un paysage uniforme qui servirait de trame à un manuel de terminologie d’allure pédagogique, ce qui n’exclut pas le caractère didactique et informatif du livre. L’objectif poursuivi par les éditeurs ne consistait d’ailleurs pas à élaborer un traité en la matière. Si l’on cherche à caractériser les textes, on pourrait dire que parmi eux, deux ou trois sont plutôt innovateurs (par exemple, S. Pavel : III et p. Wijnands : XII), que d’autres sont plus prospectifs (par exemple, E. Knops/G. Thurmair : VIII), notamment ceux qui s’aventurent du côté de l’ingénierie linguistique (par exemple, T. Yokoi : XIII), que d’autres encore présentent des applications spécifiques des principes et méthodes de la terminologie (par exemple, T. Godly : XI et W. Hirs : XV), que d’autres enfin proposent des analyses apparentées à un point de vue sur une question, études que l’on trouve aisément dans la littérature déjà publiée par ailleurs (par exemple, L.-J. Rousseau : IV, D.Reed : VII et J. Maurais : IX).

Par la présentation de différentes approches et applications, le recueil met en lumière des questions fondamentales sur les concepts, sur les termes qui les dénomment et sur le développement des connaissances. Il réaffirme les éléments fondateurs de la discipline, les grands axes de l’aménagement linguistique et les liens avec la discipline sœur qu’est la traduction. Les articles possèdent un caractère parfois descriptif tandis qu’en d’autres occasions, il est fait état d’études à caractère plus pragmatique. Le premier ensemble est assimilable à la terminologie en tant que science alors que le deuxième s’associe davantage à la terminographie, c’est-à-dire à la pratique, à la mise en application des acquis théoriques.

À l’époque de l’information technologique massive, des autoroutes électroniques et du multilinguisme institutionnalisé, les besoins de communiquer, d’échanger des données et des renseignements de manière précise et efficace ont transmis une impulsion nouvelle et importante à la science de la terminologie. Ce livre est une bonne contribution sur ces sujets. Incontestablement, l’ensemble illustre aussi la multi- et l’interdisciplinarité de la terminologie et il montre que cette activité n’a pas de frontière linguistique dans ses applications ni de frontière de langue quand il s’agit de réunir des réflexions sur le sujet. Il reste à bien circonscrire les véritables enjeux, les véritables universaux et l’avenir de la plus récente des disciplines de la linguistique et cela au moment où s’annonce un siècle consacré à la culture technicienne.

Ileana CABRERA, Isabel DIÉGUEZ, Consuelo FUENZALIDA, Rosa Maria LAZO, Carolina VALDIVIESO (1987) : Factibilidad de un banco terminológico de la Pontificia Universidad Católica de Chile, Santiago (Chile), PUCC, Facultad de Letras, Instituto de Letras, Departamento de Traducción, 60 p.

Dans ce petit ouvrage, qui est ici l’objet d’un compte rendu descriptif et non pas critique, les auteures présentent l’étude de faisabilité d’une banque de terminologie au Chili. Quatre parties structurent le rapport : 1. Présentation du problème; 2. Antécédents théoriques; 3. Modèle d’analyse et méthodologie; 4. Présentation des résultats. Je passe successivement chacune en revue et j’en extrais les éléments essentiels.

En avant-propos, les responsables de la recherche rappellent fort justement que la terminologie est une discipline qui doit absolument être intégrée au cursus universitaire de tout programme de traduction qui se veut à l’avant-garde de cette profession. Dans la même foulée, elles constatent que la production terminologique croissante crée le besoin d’un vaste réservoir de données comme peut l’être une banque de terminologie. On peut ainsi y consigner la masse de termes de plus en plus nombreux auxquels les traducteurs et les terminologues doivent recourir dans leur travail professionnel. Afin de satisfaire l’appétit des professionnels de la langue, ces banques doivent constamment être enrichies et mises à jour. Devant les nombreuses interrogations que soulève la mise en place d’une banque de terminologie et devant les dépenses qu’elle entraîne, il est souhaitable pour les Chiliens de suivre une démarche étapiste. Le cheminement retenu propose d’abord une étude des besoins terminologiques, puis l’entreprise de faisabilité elle-même, enfin la planification de l’implantation de la banque de la manière la plus rationnelle et la plus économique possible.

Les responsables du projet ont également mis de l’avant l’importance de comprendre la documentation scientifique et technique rédigée en langue étrangère, particulièrement en anglais, et que les étudiants et les professeurs doivent consulter tout au long de leur formation et de leurs recherches.

La première partie du rapport explique le phénomène d’accroissement des termes qui augmentent plus rapidement que les mots de la langue générale. On y traite des liens entre la néologie et les technologies de pointe, du savoir-faire en matière de création de termes, du grand nombre de publications scientifiques qui naît chaque année, de la circulation de l’information en plusieurs langues. Les objectifs du projet sont ensuite détaillés : il s’agit d’abord de diagnostiquer les besoins terminologiques des étudiants, des enseignants et des professionnels de la traduction, puis de voir si une banque de terminologie est vraiment le remède le plus efficace pour faire face à la musique.

Dans le chapitre sur les antécédents théoriques, les auteures procèdent à un rapide tour d’horizon bibliographique des ouvrages portant sur la terminologie et la lexicographie, sur les banques de terminologie et sur les LSP en général. Elles présentent les conceptions de la terminologie en Autriche, en Russie, en Tchécoslovaquie et au Canada. C’est sur l’école canado-québécoise que s’appuient les chercheuses pour définir quatre concepts fondamentaux : « terminologie », « terme », « banque de terminologie », « besoins terminologiques ».

Le chapitre 3 présente le profil de la recherche qui est axée sur la description des attentes des étudiants et des professeurs en matière de terminologie multilingue, tant pour l’apprentissage, pour les premiers, que pour la recherche et l’enseignement, pour les seconds. Trois centres d’intérêt retiennent l’attention : 1. La nécessité pour tous de lire la documentation rédigée en langue étrangère. 2. L’évaluation des difficultés terminologiques dans les textes techniques et scientifiques étrangers. 3. La création de dictionnaires terminologiques et l’évaluation de leur utilisation. La méthodologie explique tout le processus de l’enquête sur le campus universitaire : choix des répondants, secteurs d’intervention, etc. De nombreux tableaux statistiques éclairent les explications des auteures. Les questionnaires sont reproduits en annexe.

Les résultats de la recherche sont précisés au chapitre 4. Retenons de l’ensemble que la majorité des étudiants trouve qu’il est difficile de lire des textes en langues étrangères parce qu’ils ne peuvent avoir accès aux définitions des termes dans leur champ de spécialité. Un certain nombre d’entre eux souhaitent qu’il y ait une augmentation des cours de langue étrangère. Sauf dans le secteur de la traduction, les étudiants et les professeurs ignorent souvent qu’il existe des dictionnaires terminologiques dans leur domaine de compétence.

Une conclusion en sept points résume bien le contenu du rapport :

  1. Les titres en langue étrangère représentent 44% des ouvrages contenus dans les bibliographies des cours.
  2. Parmi ces titres, l’anglais domine largement les autres langues.
  3. En raison de leur niveau de compétence assez bas, les étudiants lisent peu en langue étrangère.
  4. Tous sont d’accord pour reconnaître l’existence de difficultés terminologiques dans les textes. Les traducteurs sont mieux préparés à résoudre ces difficultés.
  5. Sauf en traduction, les enseignants proposent de traduire les textes les plus importants pour leurs cours. Quant aux étudiants, ils croient pouvoir résoudre le problème en augmentant les cours de langue spécialisée. Les groupes de traducteurs souhaitent la mise sur pied de banques de terminologie.
  6. Sauf en traduction, on ignore l’existence de dictionnaires terminologiques. Lorsqu’on connaît leur existence, on semble ne pas savoir comment s’en servir.
  7. L’élaboration de dictionnaires traditionnels est privilégiée par les gens qui ne sont pas en traduction (étudiants : 68,6%, professeurs : 63,4%). Les langagiers préfèrent le dictionnaire automatisé (67,5 % des répondants).

Étant donné les opinions très divergentes des personnes questionnées, les auteures proposent que l’on crée une banque de terminologie réservée au secteur de la traduction dans un premier temps. Par la suite, on pourra étendre la prestation des services à l’ensemble de la communauté universitaire. À long terme, une banque de terminologie ouvrirait la voie à la création d’un centre de terminologie à la PUCC, centre qui serait d’une grande utilité pour l’ensemble du pays.